Astrid aux Pays-Bas (Projet EXPEDIS)

Bonjour à tous!

Je m’appelle Astrid et je suis en 4ème. J’ai 15 ans et j’ai participé cette année au programme Expedis, qui consiste à partir à l’étranger pendant nos études secondaires pour y étudier. Je suis partie deux mois aux Pays-Bas, et je suis maintenant de retour en Belgique (dur, dur, de s’y remettre!). J’habitais dans le sud du pays, pas si loin de chez nous, à Helmond.

J’ai entendu parler du programme Expedis grâce à ma sœur, qui est partie l’année dernière en Irlande. On en avait un peu discuté et je trouvais que ça avait l’air vraiment bien, alors je me suis dit : pourquoi pas ? Je me suis renseignée auprès de l’organisation Wep, et me suis finalement inscrite. Là, ça a été la seule partie embêtante de mon programme (mais vraiment la seule, c’est promis !). J’ai dû remplir des tonnes et des tonnes de papier (avec des bêtes questions du style : êtes-vous un terroriste ? ou : êtes-vous un dealer ? alors, à ces questions, je vous préviens, il faut répondre NON, parce que je ne suis pas sure qu’ils apprécient l’humour et le sarcasme). Quand j’ai eu fini de compléter mon dossier, j’ai eu une interview avec un membre de l’équipe de Wep (sans pression, bien sûr!). Finalement, j’ai été acceptée. Là, j’ai reçu un carnet (assez épais !) contenant les informations sur le programme, sur les pays, sur les règles de Wep, et encore d’autres trucs. Puis on a eu le WE d’orientation Wep. On est arrivé le jeudi soir du congé de l’Ascension et on a fait la fiesta avec tous les autres étudiants qui partaient. Vendredi, pendant toute la journée, on a eu des petites activités pour nous expliquer un peu tout.

Après ça, ça a été l’attente. L’attente pour connaître sa famille d’accueil. Les mois ont passé, toujours pas de coup de fil. Pas stressant pour un sous… Puis, le 4 août, je pense, j’ai vu un appel en absence sur mon GSM, j’ai écouté le message sur ma boite vocale, et j’ai entendu, toute excitée, que Wep m’avait trouvé une famille d’accueil. Folle de joie (ou folle tout court), j’ai foncé dans le bureau de ma mère en criant que j’avais une famille d’accueil. Elle m’a regardée, désespérée, et m’a dit qu’elle le savait déjà, que Wep venait de lui sonner. Apparemment, j’avais du crier assez fort, parce que tout le monde m’avait entendue (réponse la plus courante : ouf! Enfin débarrassé de toi!)

Je suis arrivée le 24 août, avec ma grosse valise (trop pratique pour le train, je ne vous dis pas !). La veille, mes parents avaient organisé une fête pour mon départ. Faut croire qu’ils étaient TRES contents de se débarrasser de moi…

J’ai rencontré ma famille d’accueil : mes parents, Robert et Inge (50 et 46 ans) et les deux jumeaux-jumelles, Maud et Kaj (16 ans). Kaj, ça se prononce comme les chiens qui font « caille, caille » dans les BD. Je me suis très vite sentie à l’aise, et je n’ai pas eu une seule fois des regrets. Je m’entendais super bien avec ma famille d’accueil, je n’aurais pas pu tomber mieux ! Personnellement, je n’ai jamais eu aucune envie de rentrer en Belgique, je ne me demandais pas ce que je faisais là, j’y étais, et j’en profitais !

J’ai eu une semaine pour m’acclimater (une semaine de glandouille), puis l’école a commencé. J’étais en 4vwo, avec des gens de mon âge. Mon école était très grande et il y avait plein de monde. Aux Pays-Bas, tout est beaucoup plus moderne, et mon école ne faisait pas exception. Je me suis très vite fait des amies, et à partir de ce moment-là, tout a été parfait. On s’entendait super bien, on se marrait trop ensemble, c’était génial! On a fait plein de trucs ensemble ! Les Néerlandais sont beaucoup moins stricts avec les apparences, on pouvait s’habiller comme on voulait. Il y avait plein de garçons avec des casquettes, des filles avec leur nombril apparent, des jeans déchirés. Il y en avait même avec des cheveux teints, des tatouages et des piercings. L’horaire était beaucoup plus relax aussi, je pouvais venir plus tard ou partir plus tôt, la plupart du temps. L’école était aussi moins stricte, les profs blaguaient tout le temps, ils ne vérifiaient pas les devoirs. Par contre, pour avoir la moyenne, il fallait avoir plus de 5,5. Ce que je trouve super, c’est qu’ils apprennent plusieurs langues (allemand, français, anglais et parfois espagnol). Ils parlent vraiment super, super bien anglais. A l’école, on était beaucoup plus libre. Il n’y avait pas de salle d’étude, alors quand on avait étude, on pouvait aller un peu où on voulait, à part dans les classes évidemment. Les pauses étaient plus courtes. Tout était organisé par magister, un site où chaque élève avait un compte et où il pouvait voir ses points, son horaire, ses messages, ses devoirs, etc. Le niveau de cours était quand même plus ou moins le même qu’en Belgique, même si dans certaines matières, ils étaient plus forts. Je n’avais pas tous les mêmes cours qu’en Belgique, par exemple, j’avais informatique (j’étais affreusement nulle :D), ckv (c’est un truc en rapport avec l’art et la culture), levensbeschouwing (c’est ce qui remplace religion, c’était très compliqué) et maatschappijleer (ça, c’était super intéressant, c’est un cours sur la politique, environ). L’école était beaucoup mieux équipée, et pour gym, on allait sur un terrain à l’extérieur (on a fait du golf, et du vrai baseball, avec les gants et tout !). J’étais la seule étudiante d’échange dans mon école, la plus proche était italienne et habitait à Eindhoven, une grosse ville pas loin de chez moi.J’ai aussi eu quelques activités avec l’école.

Question gastronomie, chez moi, ils nemangeaient pas vraiment néerlandais (en fait pas du tout). Par contre, ils buvaient beaucoup de thé, et ils mangeaient tout le temps du yoghurt (au p’tit dej’ et comme dessert), c’était super bon !

Quelque chose qui était drôle, c’est qu’ils étaient un peu comme nous, concernant Amsterdam : ils se moquaient des gens de la capitale et de leur accent. Mais, eux, ils faisaient pareil : ils disaient que les gens du sud étaient des bourrins et ils se moquaient aussi de leur accent.

Alors, c’est le pays le plus plat que j’aie jamais vu, c’est hallucinant ! Tout le monde utilise tout le temps son vélo, et il y a des pistes cyclables partout. Parfois, on fait plus d’une heure de vélo pour aller quelque part, mais pour eux, c’est tout à fait normal. Ils sont beaucoup plus sportifs que nous, tous les gens que j’ai rencontrés faisaient au moins un sport, si pas plus. Ça m’a fait me sentir un peu paresseuse.

Vous vous posez surement la question de la langue. Alors, au début, je ne comprenais pas tout, parce qu’ils parlaient vite et qu’ils avaient un accent (mais pas le vrai accent hollandais, ça c’est plus au nord). Mais, au fur et à mesure, je me suis habituée et à la fin de mon séjour, je comprenais tout, même quand 5000 personnes parlaient en même temps (le journal parlé, ça aide bien !). Pour ce qui est de parler, c’est une autre paire de manches. Au début, je n’arrivais pas toujours à dire tout ce que je voulais (c’est là que j’ai découvert l’utilité de la phrase « laat maar »). A la fin, je faisais encore des fautes, mais au moins, je le remarquais, et je savais parler couramment. Il ne reste plus qu’à espérer que je ne le perde pas…

Avec tous les étudiants d’échange des Pays-Bas, on a fait une excursion à Amsterdam. C’était cool, et il y avait beaucoup de Belges, alors on s’est bien marré. Amsterdam est une très, très belle ville. On a fait une balade sur ses canaux, c’était vraiment super beau ! J’ai aussi visité quelques autres villes, mais là-bas, toutes les villes se ressemblent un peu.

La température est plus ou moins la même qu’en Belgique, sauf que là, on le sentait plus passer. Je vous dis pas, pédaler avec des mains gelées, ce n’est pas le truc le plus agréable que j’aie jamais fait… Je ne sais pas si c’était réel, mais j’avais l’impression que le soleil se couchait plus vite.

Malheureusement, mon séjour à moi est déjà terminé. Je suis de retour en Belgique et je me remets en ordre. Je suis contente d’avoir retrouvé mes amis d’ici, mais ma vie de là-bas me manque aussi.

A ceux qui hésitent à faire un séjour comme celui-ci, moi je leur dis : foncez ! Vous n’avez rien à perdre, et franchement, pourquoi votre séjour ne se passerait-il pas aussi génialement que le mien ? Un échange, c’est super enrichissant, on apprend une langue, une nouvelle culture, une autre façon de vivre. On apprend à connaitre des gens, on se fait une vie, dans un autre pays, en étant plus indépendant. Personnellement, j’ai adoré mon séjour, et je serais bien restée là quelques mois de plus. Alors, sérieusement, allez-y, hésitez pas !

Astrid Schmitz

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