Séjour d’un an en Argentine : expérience de Marie Seret

Bonjour à tous,

Voilà maintenant presque 4 mois que je suis à San Juan à l’est de l’Argentine (une petite province 3 fois plus grande que la Belgique) et je vous avoue qu’il y a encore des moments où je ne réalise pas ce que je suis en train de vivre.

J’avais beaucoup d’appréhension avant de partir, je ne savais pas si j’allais pouvoir m’adapter, si ça allait bien se passer avec ma famille, si j’allais pouvoir apprendre l’espagnol,… Mais je pensais à ce voyage depuis tellement longtemps que je suis montée dans l’avion sans me poser de questions. De plus, je n’étais pas prête à commencer des études directement en sortant du secondaire, j’avais besoin de respirer un autre air et de prendre le temps de réfléchir sérieusement à ce que je voulais vraiment faire de ma vie. C’est également une opportunité unique et j’ai la chance de la vivre ; du coup je me suis lancée.

A mon arrivée, j’ai été super bien accueillie que ce soit à Buenos Aires où j’ai retrouvé Sol (souvenez-vous, elle était en rhéto au collège en 2015-2016) ou à San Juan où j’ai finalement fait la connaissance de ma famille. J’ai donc atterri dans la ville où je vis une année depuis le 25 août 2017. Je me suis directement rendue compte que tout allait être différent de ce que j’avais vécu auparavant et de ce que j’avais imaginé de mon échange. Les premiers jours ont été un peu difficiles à cause de la langue. Je voulais dire et demander tellement de choses mais je ne savais pas comment. Je pouvais parler anglais mais seule ma sœur me comprenait vraiment, donc ce n’était pas très drôle. Le troisième jour, je comprenais déjà mieux et je savais dire quelque phrase ; du coup tout est devenu plus facile. Après une semaine, je commençais l’école. Ce fut l’une des étapes les plus angoissantes car je ne connaissais personne, ils parlaient tous espagnol et j’arrivais au dernier trimestre ; donc tout était déjà très bien installé. A partir de ce moment- là, tout est allé très vite, j’ai commencé à avoir ma petite routine et j’ai même adopté ce que je préfère ici : la sieste. Les semaines s’enchainent et se ressemblent même si chaque jour, je continue à découvrir de nouvelles choses et à en apprendre plus sur la culture argentine et l’espagnol.

On arrive très vite à la fin du 4ème mois et je vous fais un petit bilan de la situation. Premièrement, au niveau de la langue. Je comprends presque tout et je sais tenir une conversation. Il me manque juste du vocabulaire et de la conjugaison mais l’espagnol est vraiment très proche du français et il vient tout seul. Ensuite au niveau de l’adaptation et de l’intégration, je trouve que je m’en sors plutôt pas mal. Je me sens partie intégrante de ma famille d’accueil, on s’est adopté mutuellement et je me sens bien dans mes groupes d’amis que se soit celui des étudiants d’échange ou mes amies d’école. Ma prochaine étape après les vacances (qui durent de maintenant jusqu’à mars) est de commencer l’université. Ca me stresse un peu mais il n’y a aucune raison que ça se passe mal. Je l’ai déjà fait une fois…

En vous écrivant tout cela, ça me permet à moi-même de prendre du recul sur ce que je vis et de réfléchir à ce que cela m’apporte et je me rends compte que chaque jour,  j’apprends et je découvre quelque chose sur moi ou sur les autres. Je me rends compte que contrairement à ce que l’on peut penser de l’extérieur, sur le fait qu’une année à l’étranger c’est une année de vacances, c’est que l’on réalise un énorme travail sur soi. On redécouvre son soi avec ce que l’on aime vraiment et ce que l’on n’aime pas. C’est une année durant laquelle on se pose énormément de questions sur tout et n’importe quoi et on réapprend beaucoup de choses qui nous semblaient évidentes et sur lesquelles on avait jamais réfléchi auparavant. On connaît également ses limites et le plus important selon moi, c’est que l’on apprend à prendre du recul sur les choses et à relativiser beaucoup aussi. Bien sur que le manque est présent mais l’échange ne dure pas indéfiniment et va se terminer un jour : on ne dit pas adieu, on dit au revoir. Plus personnellement, cette année me permet d’avoir un esprit plus ouvert encore sur les différences et je me rends compte de la chance que j’ai d’avoir un pays, une famille et des amis comme ceux que j’ai.

J’aimerais encore dire tellement de choses mais je dois m’arrêter ici. Je voudrais juste encourager tous ceux qui hésitent à faire une expérience comme celle-ci. Lancez-vous, vous n’avez rien à perdre et tout à y gagner. C’est une expérience unique qui ne peut que vous apporter du positif. Certes, ce n’est pas évident au début mais avec un peu de volonté et de courage, vous pouvez passer la meilleure année de votre vie. Un seul conseil : arrêtez d’hésiter et sautez le pas, vous ne le regrettez pas.

 

Enfin, je remercie ma famille, mes amies et bien sur le Rotary sans qui je n’aurai jamais pu vivre une telle expérience. Tout ce que je vis, c’est grâce à eux.

 

Marie Seret  (Rhéto 2017)